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    L'accélération du démembrement de la Syrie et de l'Irak et l'aggravation de l'affrontement régional entre islamistes sunnites et chiites dans tout le Moyen-Orient ont approfondi les importants changements déjà survenus sous l'impact des «printemps arabes» puis des hivers islamiques. Alors qu'il est probable que le Liban et la Jordanie pourraient être entrainés dans ce tourbillon en train de générer un «grand califat» à l'échelle régionale, seuls Israël et l'Egypte demeurent des Etats stables et forts susceptibles de pouvoir résister à ce tsunami effaçant la plupart des Etats-nations arabes créés voilà près d'un siècle par les puissances coloniales… Face à cette immense vague qui déferle sur la région, où tout va décidément de plus en plus vite, la nécessaire résolution de la «question palestinienne» n'apparait plus comme décisive.

    Après la fin de la Syrie, la fin de l'Irak…

    L'offensive spectaculaire menée depuis deux mois au centre et au nord de l'Irak par les miliciens sunnites fanatiques de «l'Etat islamique d'Irak et du Levant» (EIIL) annonce un prochain démembrement de l'Irak, semblable à celui déjà en cours en Syrie sous les coups de butoir d'une organisation-soeur sunnite intégriste (Al-Nustra) sortie, voilà sept ans, des rangs d'Al-Qaïda et qui s'oppose au régime alaouite d'Assad. Comme son grand voisin syrien de l'ouest, avec lequel il partage une longue frontière commune devenue un véritable «gruyère terroriste», l'Irak risque en effet d'éclater en quatre entités séparées: un Kurdistan indépendant au nord, deux entités sunnites (au centre et autour de Bagdad), et une région-sud chiite autonome chapotée par l'Iran..


    Le Moyen-Orient des «Etats-nations» arabes dessiné par les ex-puissances coloniales n'existe plus


    Résultats: avec cette refonte totale d'une Syrie et d'un Irak livrés à l'éclatement et à la partition, on est en train d'assister à l'écroulement pur et simple du Moyen-Orient conçu voilà près d'un siècle par la France et la Grande-Bretagne au moment des fameux accords Sykes-Picot de 1916 et qui reposait sur la fiction d' «Etats-nations» arabes, alors découpés au cordeau dans les chancelleries de Londres et de Paris en fonction des seuls intérêts économiques et politiques de ces deux empires européens désirant se partager le gâteau régional.

    Cette pulvérisation des contours artificiels dressés le siècle dernier et le retour, si naturel pour eux, de la plupart des pays arabes ainsi artificiellement créés dans le giron, à la ouma musulmane (la communauté globale de l'islam sans frontières définies) confirme, plus de quatre décennies après, la vision de l'ex-Premier ministre israélienne, Golda Méïr, qui avait dit peu avant la guerre d'octobre 1973: «A part l'Egypte et Israël, qui sont de véritables Etats, tout le reste du Moyen-Orient, ce ne sont que des tribus qui brandissent des drapeaux»…

    L'aggravation de l'affrontement Chiites-Sunnites

    Les événements qui s'accélèrent dans la région - en Syrie et en Irak, mais aussi au Yémen, au Bahreïn, au Koweït et sans doute demain en Jordanie et au Liban, voire en Arabie Saoudite - confirment l'analyse pertinente faite voilà un an par les experts stratégiques et les doctes imams de l'Institut Cordoba (un nom symbolique évoquant, entre autres, une certaine «Reconquista» musulmane escomptée en Europe!) basé à Londres et qui regroupe l'élite pensante des spécialistes, stratèges et émirs du monde sunnite. Lesquels avaient proclamé haut et fort que désormais «l'ennemi principal» du monde sunnite n'est plus Israël ni les Etats-Unis, mais bel et bien les Chiites iraniens qui s'emploient à fomenter et développer partout des affrontements dans tout le Moyen-Orient pour ravir la suprématie aux Sunnites.

    Renforcé par son alliance avec l'Amérique, l'Iran en position hégémonique

    L'un des éléments les plus spectaculaires de la refonte des alliances aujourd'hui en cours au Moyen-Orient, c'est l'émergence d'un axe stratégique entre Washington et Téhéran. Sur fond de désengagement militaire et stratégique américain et de total fiasco de la politique étrangère régionale de l'administration Obama, cette alliance à l'œuvre en Irak - où Washington négocie directement avec Téhéran les moyens de contenir l'offensive de l'EIIL et d'empêcher la reddition de Bagdad aux à ces Sunnites fanatiques - confirme le choix d'Obama pour un pacte historique avec l'Iran. Or, cela a bien sûr des incidences directes et dévastatrices sur les difficiles pourparlers en cours à Vienne entre les grandes puissances et les mollahs concernant le gel (ou plutôt l'aménagement virtuel) de leur programme nucléaire militaire. Et ce, parce que les excellents diplomates que sont les Iraniens tentent de «monnayer» leur containment militaire e l'EIIL contre une meilleure «compréhension» des Occidentaux pour leurs pressants besoins nucléaires prétendument «civils»…

    Les deux «maillons faibles»: Liban et Jordanie

    Déjà impliqué dans la guerre civile syrienne avec la collaboration directe du Hezbollah chiite - aux ordres de Téhéran - à la défense du régime Assad, le Liban risque d'être lui aussi entraîné dans les partitions et les refontes en cours: déjà très divisé aux plans ethnique et religieux, le Pays du Cèdre pourrait en effet éclater en plusieurs entités autonomes,et très hostiles entre elles: régions sunnites, chiites, druzes, chrétiennes…

    Le cas de la Jordanie, où règne depuis trois ans un faux calme annonciateur de grosses tempêtes, est encore pire: vu la faiblesse endémique - institutionnelle, économique et militaire - de la monarchie hachémite d'Abdallah II, ce pays (où habitent une majorité de Palestiniens) pourrait être balayé en quelques jours par un tsunami sunnite intégriste que préparent déjà les Frères musulmans locaux et surtout les groupes djihadistes affiliés à Al Qaïda, Al Nustra et l'EIIL.

    Des incidences sur les deux courants palestiniens rivaux du menant à la 3ème guerre de Gaza

    C'est dans ce contexte régional tumultueux, où la carte du futur Moyen-Orient se redessine ailleurs qu'à Ramallah et Gaza, que l'on peut mieux comprendre la tentative quasi-désespérée du Fatah de Mahmoud Abbas (président de l'Autorité Palestinienne) de passer, en juin dernier, alliance avec le Hamas de Gaza pour former un gouvernement d'union - véritable «serpent de mer» réapparaissant sans cesse, ces dernières années, en vue de forger une impossible unité palestinienne.

    C'est dans ce même contexte de tensions internes et de grand isolement (y compris au sein du monde arabe) du Hamas - un mouvement sunnite intégriste s'apparentant à l'EIIL et à Al-Nustra - qu'il faut comprendre les vrais enjeux du conflit actuel à Gaza: en tirant plus de 1 800 roquettes contre le territoire souverain d'Israël et en envoyant ses commandos terroristes attaquer des civils israéliens par les tunnels stratégiques de Gaza, les chefs fanatiques du Hamas ont choisi la «fuite en avant» guerrière pour tenter désespérément de redorer leur blason auprès de la «rue arabe»…

    Une double nouvelle donne positive de «résilience» face à ce tsunami islamiste

    Deux éléments récents ouvrent de nouveaux horizons positifs pour la région:

    L'arrivée au pouvoir du général Sissi à la présidence égyptienne après l'éviction par l'armée, voilà un an, du président Morsi des Frères musulmans et de son régime intégriste islamiste. Un changement d'autant plus salutaire que Sissi et son armée, après avoir interdit les activités du Hamas au Pays du Nil, continuent de faire la chasse aux bandes terroristes dans toute la péninsule du Sinaï et au sud de Gaza, ce qui contribue à pacifier le «front sud» d'Israël.

    La toute récente intention des Kurdes déjà autonomes - que vient de saluer le Premier ministre Netanyahou - de proclamer un Etat indépendant au nord de l'Irak: un nouveau venu sur la scène régionale qui constituerait une entité modérée déjà prête à coopérer avec l'Egypte et Israël aux plans économique et militaire.

    Des implications pour toute la région

    La constitution - désormais possible - d'un axe modéré Egypte-Israël-Kurdistan serait une nouvelle donne équilibrante et positive dans cette région livrée de plus en plus aux affres de l'intégrisme islamiste.

    Dans ce contexte tourmenté, accélérant un vaste processus de refonte de toute la carte politique régionale, on comprend qu'il n'est guère possible et souhaitable de vouloir régler «à la va-vite» la question israélo-palestinienne - un conflit déjà vieux de plus d'un siècle… D'autant que cette nouvelle donne régionale qui génère tant d'incertitudes stratégiques déclasse dans son fondement la pertinence de la fameuse formule encore prônée par la communauté internationale «deux Etats - Israël et la Palestine - pour deux peuples vivant en paix côte à côte»… Et ce, tout simplement parce que la création d'un 23ème Etat arabo-musulman «palestinien» à vocation guerrière et terroriste dans cette partie du monde ne ferait qu'accentuer la dangereuse déstabilisation géopolitique en cours…

    Tout le monde comprend aussi que face au gigantesque affrontement régional actuel entre Sunnites et Chiites, Israël - la seule démocratie du Moyen-Orient - ne doit compter en fait que sur ses propres forces: à la fois face à l'Iran nucléaire, à la Syrie et à l'Irak en partition, et aussi pour contrer les tentatives prévisibles d'attaques terroristes de l'EIIL (sur son front oriental) et de Al-Nustra à sa frontière-nord dans les régions du Golan et de la Vallée du Jourdain qui, plus que jamais, devront rester sous contrôle israélien exclusif.

    Richard Darmon est journaliste et géopolitologue
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