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études stratégiques et sécuritaire: définitions, et niveaux d’analyse

Définir la «sécurité» est un péril. Non pas tant à cause de son insertion dans la plupart des domaines de la vie sociale, mais surtout parce que le concept est lui-même susceptible d’être connoté idéologiquement. Cette tonalité idéologique, qui empêche tout réel consensus à son sujet, l’élève au rang de «concept essentiellement contesté.

Suivant Walter Bryce Gallie , il existe au moins deux présupposés à partir desquels on peut affirmer si un concept est ou non essentiellement contesté . 1) Le concept doit être «évaluable dans le sens où il signifie et accrédite une certaine réalisation» . Comme on le perçoit, un tel exercice nécessite des critères quasi objectifs permettant de déterminer, parmi une série de propositions, quel terme est «champion» , c’est-à-dire, lequel signifie le plus. La sécurité pourrait-elle être semblable ? Pour les tenants d’une approche néoréaliste des relations internationales, c’est un «oui» sans ambages, étant donné qu’au sein du système international, les États jouent à la roulette nommée «quête de la puissance» et le vainqueur est celui qui en a plus que les autres, en valeur absolue. La politique internationale est un jeu dont le prix ultime est la sécurité et les États en sont les principaux acteurs .

2) Le deuxième élément requis pour arguer d’une contestabilité conceptuelle est que le terme doit être tellement ambivalent qu’il génère des discussions sans fin, non seulement sur sa nature, mais aussi sur son opérationalité . À cet égard, la sécurité sera un concept essentiellement contesté si les débats à son propos n’ont donné aucune solution viable et ce, malgré la qualité et la quantité des idées et des preuves apportées à la construction de la discussion. De plus, la notion contestée est marquée par une essentielle «indécidabilité», qui se traduit dans l’attachement indéfectible de chacun des prétendants à la définition ou à la spécification exacte, toujours avec conviction, parfois avec virulence. En d’autres termes, un concept sera essentiellement contesté s’il est connoté axiologiquement à un point tel qu’aucun argument ou preuve ne peut conduire à un usage «communément accepté» . Le résultat est une insolubilité discursive. Richard Little saisit assez bien l’idéologie qui enserre le débat concernant les questions essentiellement contestées. «Le débat ne peut être résolu, [dit-il], parce que les concepts usités contiennent un élément idéologique qui rend la preuve empirique comme moyen de résoudre la dispute, non pertinente .

Le problème se corse lorsque l’on veut définir la «sécurité nationale». La contiguïté de deux concepts dont l’essence est proprement contestée resserre le corset généré par le caractère insoluble du débat. Une raison majeure justifie ce sentiment. Elle ressortit à la nature de l’État qui recouvre à la fois une idée, une institution et une base physique . L’État est en même temps une structure organisationnelle complexe, une collectivité et un instrument de politique. En ce sens, l’État est donc d’abord un instrument de promotion de la sécurité avant d’être le sujet ou le référent de la sécurité. Il est l’organe qui assure la médiation entre l’intérêt national défini de façon unitaire et les intérêts des communautés en son sein. Par conséquent, l’intérêt national peut se retrouver (et se retrouve souvent) en compétition avec les besoins des membres de l’entité étatique. En définitive, le postulat réaliste et néo-utilitariste  de l’État comme sujet de sécurité pose problème .

La solution partielle et provisoire serait alors d’accepter ce que McSweeney appelle la «dualité ontologique» interne qui se définit comme suit : «l’État est l’instrument de sécurité et les individus en sont les sujets» . Ceci n’est que très peu satisfaisant. Par contre, ce qu’il est plus important de relever, c’est qu’en Relations Internationales , il n’y a pas un tel débat conceptuel autour du concept de sécurité. Au contraire, la discipline est caractérisée par un ensemble de définitions qui n’entrent pas en réel dialogue «agonistique» . Qu’est donc sécurité nationale ? Autant la clarification conceptuelle est absente, autant il existe plusieurs définitions de la sécurité nationale et internationale, sans une réelle interaction. Notons en quelques-unes :

  1. Penelope Hartland-Thunberg : «La sécurité nationale est la capacité d’une nation à poursuivre avec succès ses intérêts nationaux tels qu’elle les voie à n’importe quel endroit du monde» .
  2. Giacomo Luciani : «La sécurité nationale, c’est la capacité de résister à toute agression étrangère» .
  3. Franck N. Trager et F. N. Simonie : «La sécurité nationale est cette partie de la politique gouvernementale qui a comme objectif central la création de conditions nationales et internationales favorables à la protection et à l’extension de valeurs vitales nationales contre des adversaires existants ou potentiels» .
  4. Arnold Wolfers : «Dans un sens objectif, la sécurité mesure l’absence de menaces pesant sur les valeurs acquises; dans un sens subjectif, elle désigne l’absence de peur que ces valeurs soient attaquées» .
  5. Ole Wæver : «On peut considérer la ‘sécurité’ comme ce qui est appelé dans la théorie du langage un acte du discours [¼]. C’est l’articulation elle-même qui est l’acte [¼]. En disant ‘sécurité’, un représentant de l’État déplace le cas particulier dans un espace défini, exigeant des moyens spéciaux pour mettre un terme à ce développement» .
  6. Barry Buzan : «Dans le cas de la sécurité, la discussion consiste à se soustraire à la menace. Dans le contexte du système international, la sécurité désigne la capacité des États et des sociétés à préserver l’autonomie de leur identité et leur intégrité fonctionnelle» .

Ces définitions appréhendent toutes le concept à travers un ou plusieurs biais restrictifs Nous en relevons quelques-uns. Les trois premières tombent facilement dans la catégorie d’une vision réaliste de la politique internationale au sein de laquelle l’objectif de l’État est la quête de la puissance à travers l’intérêt national. Elles restreignent considérablement le champ d’application du concept de «sécurité nationale». Par ailleurs, la définition de Trager et Simonie recèle l’inconvénient d’être élitiste et bureaucratique. Trager et Simonie font de la sécurité nationale un pur instrument de promotion et d’extension des «valeurs nationales vitales».

La définition de Buzan n’est guère plus satisfaisante. La raison en est qu’il n’est pas facile de se «soustraire» à la menace de manière absolue. Il y a toujours un espace de doute qui s’ouvre comme une zone de recherche pour l’action efficace. Et, en général, chaque solution à une menace est le point de départ d’une autre. Les systèmes politiques et socio-économiques constituent un nœud indicible de menaces desquelles on ne peut se «soustraire» de façon absolue, mais que l’on gère au quotidien. L’autre élément foncièrement problématique chez Buzan, c’est l’absence de définition des termes «autonomie d’identité» et «intégration fonctionnelle».la question de la sécurité régionale apparaît métamorphosée. Elle se trame à l’intersection d’au moins deux phénomènes distincts, dont on ne déduit pas machinalement la formation, mais qui y conduisent subtilement  :

( 1) la jonction progressive de divers champs politiques, économiques et/ou sociaux; ( 2) l’intensité des interactions externes. Que nous ayons donc déterminé ces éléments, voilà qui pourrait constituer une bonne base de travail. Mais elle ne saurait être que provisoire. Toujours est-il que ce «provisoire», qui sans doute cherche sa justification dans la formulation précédente, résolument imprécise, détermine désormais à l’avance la conception que l’on est amené à se faire de la sécurité régionale. Ce qui signifie dans le même temps : la ligne principale de la sécurité régionale, c’est l’interdépendance. Toutefois, la nature de celle-ci varie en fonction de l’ontologie relationnelle qui prévaut et de la distribution des capacités (militaires et/ou économiques surtout). Cette postulation théorique, assurément simpliste, conduit, pourtant, au district fondamental de la sécurité régionale qui inclut tant l’interdépendance positive que négative. Les deux pôles du continuum de la sécurité régionale, qui recouvrent par ailleurs la conflictualité et la coopération pures, sont indissociablement réintégrés dans le concept structurant de «complexe de sécurité»; en d’autres termes : «un groupe d’États dont les inquiétudes et les perceptions majeures de sécurité sont liées à un point tel que leurs problèmes de sécurité nationale ne peuvent raisonnablement être analysés ou résolus séparément» Une définition restreinte de la notion de sécurité, comme sécurité nationale essentiellement, définition majoritaire dans les instituts d’études stratégiques et parmi les spécialistes des relations internationales risque plutôt d’introduire un biais dans les projets de développement que de constituer un quelconque apport. Cependant, une tentative de réconciliation des deux pôles, sécurité et développement, a été effectuée et repose sur une définition plus large du terme de sécurité à travers la notion de sécurité humaine.Générant une importante littérature, malheureusement encore peu structurée épistémologiquement, le champ des études stratégiques se situe au croisement de la science politique, des relations internationales et de leurs ramifications (dont les war studies), de l’histoire, ou encore du droit international. Les études stratégiques ont pour vocation d’analyser les rapports entre les objectifs politiques énoncés par les acteurs de la société internationale, et les moyens de défense qu’ils mettent en œuvre pour les atteindre. La dimension militaire traditionnelle constitue le socle de ce champ de recherche, avec pour priorité l’étude des relations complexes qui s’établissent entre la stratégie déclaratoire, la stratégie opérationnelle et la stratégie des moyens. Les études stratégiques embrassent de fait naturellement la compréhension des facteurs concourant à la puissance des acteurs internationaux (et en premier lieu des États).Les grands événements qui ont marqué le début du XXIe siècle ont démontré que les études stratégiques représentent encore un domaine de recherche et de réflexion important et nécessaire. Mais ce siècle en se distinguant des époques précédente, appelle les études stratégiques à se repenser.

En considèrent que trois enjeux méritent une plus grande attention pour renouveler le champ d’analyse des études stratégiques. D’abord, les diverses constructions théoriques dans le domaine sont souvent simplifiées au point où elles sont déconnectées de leur fondement. La notion de puissance, qui sous-tend l’usage potentiel de la force, trouve sa place et son utilité dans la mesure où elle n’est pas tributaire des choix normatifs et idéologiques des théories des relations internationales. Enfin, les études stratégiques ont longtemps ignoré le caractère sociologique de l’usage de la force, en se limitant à concevoir les organisations militaires et de sécurité comme des «boîtes noires» au service des décideurs politiques.La sécurité revêt un caractère existentiel, car, selon Hans Morgenthau et Kenneth Waltz, la menace met en question la survie du référent de sécurité. Dans une vision stato-centrée, la menace remet en jeu la pérennité de l’État. Au sein du système international anarchique, la puissance et la survie de l’État sont, selon les réalistes, étroitement liés. Il faut être puissant, sinon on est faible ou mort.

DR. HAKIM GHERIEB

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الموسوعة الجزائرية للدراسات السياسية

مدون جزائري، مهتم بالشأن السياسي و الأمني العربي و الدولي.

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